La Police est-elle en passe de devenir une force de tuerie ? S’interroge le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) dans son dernier rapport sur la situation de violences prévalues dans les récentes manifestations de l’opposition dans le pays.

“Des  voitures non immatriculées et des individus armés dans le cortège du Président”, confirme le CARDH dans ce rapport publié au beau milieu de ce mois d’octobre.

“Ayant suivi les différentes mobilisations, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) et d’autres organisations, ont pu constater comment la Police, dont la mission est d’assurer la protection des vies et des biens, ainsi que le respect des libertés, s’est progressivement lancée dans une grande opération de répression systématique, violant ainsi les droits des citoyens à la vie, à l’intégrité physique », indique le rapport.

Selon le CARDH, l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), l’Unité départementale de maintien de l’ordre (UDMO) et le Corps d’intervention et du maintien de l’ordre (CIMO) sont les plus impliqués dans cette opération.

L’organisme de droits humains recommande à la Direction générale et à l’Inspection générale de la PNH d’enquêter sur cette anomalie et de faire le point en assumant leurs responsabilités, afin de consolider les acquis de l’institution et de la préserver contre toute emprise politique ou autre.

“Ces agents cagoulés portant des uniformes de police, semant la mort, ces voitures sans plaques, ces mercenaires en mission sur le territoire, ces inconnus « étrangers » assurant la sécurité du Président… laissent présager que l’institution policière est au bord du précipice », martèle le rapport.

Les institutions de la société civile et les citoyens doivent exiger des autorités concernées des explications sur l’existence de ces « armées » qui sont ajoutées à la PNH croit le CARDH.