Publié le 2019-10-21 | Le Nouvelliste: Les troubles sociaux et la crise politique qui secouent le pays ces derniers mois poussent les responsables de l’hôtel Best Western de Pétion-Ville à fermer ses portes définitivement le 31 octobre prochain, a confié lundi au Nouvelliste Stanley Handal, un des investisseurs et responsable de l’établissement. 

Déjà que de nombreuses adresses du secteur touristique ne sont ouvertes que symboliquement “cette fermeture définitive est un coup dur pour le secteur touristique en Haïti”, a-t-il regretté.

« L’Hôtel Best Western avait besoin de 300 000 dollars chaque mois pour fonctionner. Vu la situation, on ne peut même pas entrer 40 à 50 000 dollars mensuellement de chiffres d’affaires. Les chiffres sont directement en corrélation avec la l’atmosphère du pays. Il n’y a pas de touristes, personne ne vient séjourner à l’hôtel. Si les chambres sont vides, il n’y a aucune raison de rester ouvert… », a expliqué au journal Stanley Handal avec amertume.

Best Western Haïti, hôtel quatre étoiles de renommée internationale, inauguré en 2013 représente environ 100 emplois directs et 500 emplois indirects. A partir du 31 octobre prochain, ces personnes seront au chômage. « C’est ce qui me fait plus de peine. C’était une bonne équipe… », soupire Stanley Handal lors de cette interview accordée au Nouvelliste.

M. Handal a fait remarquer que le nom Best Western est une franchise achetée, mais l’immeuble et les biens meubles de l’hôtel appartiennent aux investisseurs. « Nous avons déjà écrit à Best Western International pour les aviser que nous allons fermer nos portes le 31 octobre et à partir de cette date nous ne serons plus sur le réseau mondial de Best Western… », a-t-il avancé.

S’agissant de l’immeuble et des biens meubles de l’hôtel, ils resteront là en attendant une nouvelle décision. « S’il y a des gens intéressés à les acheter, on vendra. Sinon on attend… », a-t-il dit.

Best Western n’est pas le seul hôtel de la place à être en difficulté. Depuis les mouvements des 6 et 7 juillet 2018 et après la décision de l’administration américaine de mettre Haïti sur la liste noire des pays à ne pas visiter, c’est l’effondrement  de l’hôtellerie, de la restauration et des locations de voitures dans le pays.  

Dans une note publiée la semaine dernière, l’Association Touristique d’Haïti, avait dit constater avec stupéfaction que certains individus ayant « droit de parole » sur les ondes de stations de radio et de télévision font courir des bruits concernant certains établissements touristiques, ce qui pourrait inciter au dechoukaj et à la violence.

« Tous les secteurs du tourisme : de l’hébergement, de la réception, des rencontres et conférences, des transports, de la culture, de la restauration… qui – ensemble – forment les maillons de la chaine du tourisme, industrie transversale au service de tous, utilisent les services de tous les secteurs des affaires, des plus petits aux plus grands et, de ce fait, créent des milliers d’emplois dans toutes les régions et dans toutes les sphères d’activité », avait fait remarquer l’ATH.

Le pays entame ce lundi 21 octobre 2019 sa sixième semaine de paralysie des activités économiques. Les lignes aériennes laissent Haïti remplies pour y revenir quasiment vides. L’opposition politique exige la démission du président de la République qui, de son côté affirme qu’il n’entend pas laisser le pouvoir. Résultat : le chaos s’installe dans le pays et avec la situation un effondrement économique.