Publié le 2019-10-17 | Le Nouvelliste A cause des mouvements de protestation de ces dernières semaines dans le pays, le président de la République n’a pu se rendre ni au Pont-Rouge ni à Marchand-Dessalines, ce mercredi 17 octobre, à l’occasion de la 213eme commémoration de l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines. Jovenel Moïse a été contraint de déposer simplement une gerbe de fleur au MUPANAH pour marquer cette date…

La cérémonie n’a duré que quelques minutes. 13 en tout entre l’arrivée et le départ du chef de l’Etat. Pour permettre au chef de l’Etat de faire l’offrande florale au MUPANAH ce 17 octobre en mémoire du Père fondateur de la nation, les forces de l’ordre ont dû boucler le Champs de Mars. Les agents de l’USGPN ont fait usage de leurs armes à feu pour disperser des gens qui ont voulu manifester dans la zone. Même les journalistes n’ont pas été épargnés…

« Dépôt d’une gerbe de fleurs au MUPANAH dans le cadre d’une cérémonie d’offrande et de recueillement. À travers ce geste, nous avons voulu honorer la mémoire de Jean-Jacques Dessalines, le Père fondateur de la Patrie et surtout nous montrer dignes de l’héritage qu’il nous a légué », a déclaré le chef de l’Etat sur son compte Twitter.

Aux côtés de Jovenel Moïse au MUPANAH il n’y avait ni parlementaires ni représentants des corps diplomatique et consulaire. Le président était pratiquement seul avec son épouse, le Premier ministre démissionnaire, le ministre de la Justice et d’autres officiels du gouvernement démissionnaire.

Dans une courte déclaration faite sur le perron du MUPANAH, le chef de l’Etat a encore une fois accusé le ‘’système’’ d’être responsable de la situation actuelle du pays.

« Le système a la capacité de se régénérer à chaque fois. Le peuple doit pouvoir identifier ses vrais ennemis. Le peuple doit identifier qui avait tué Dessalines. Ce système qui génère la misère, la pauvreté, l’exclusion, est arrivé à son terme et on doit se mettre ensemble pour l’empêcher de se régénérer… », a déclaré le chef de l’Etat.

Parallèlement, des manifestants ont arpenté les rues de la capitale pour continuer d’exiger la démission de Jovenel Moïse qui, lors d’une conférence de presse mardi dernier avait clairement fait savoir qu’il ne démissionnera pas. Les propos du président ont été lus comme un désaveu par les membres de la commission de facilitation du dialogue qu’il avait formée pour trouver une sortie de crise. Jovenel Moïse refuse que son mandat soit mis sur la table du dialogue… Quatre des sept membres de la commission ont démissioné par la suite.